Kognita Le test de QI suisse

Test de QI chez l’enfant: Service psychologique scolaire ou cabinet privé ?

En Suisse, le Service psychologique scolaire du canton évalue gratuitement les élèves. Ce qui distingue les deux voies, qui peut tester, ce qu’une valeur dit.

La plupart des parents n’arrivent pas à ce sujet par curiosité. Au début, il y a une remarque de l’enseignante, un enfant qui s’ennuie en classe, ou un enfant qui ne suit pas malgré ses efforts. Vient alors la question de savoir s’il faut faire évaluer cela, et aussitôt après la question de savoir où et à quel prix.

Deux choses d’abord, parce qu’elles déterminent tout le reste de cet article. Premièrement: les services cantonaux de psychologie scolaire évaluent gratuitement les élèves. C’est la voie ordinaire, et rares sont ceux qui le savent. Deuxièmement: notre propre test est construit pour des adultes et ne convient pas aux enfants. Nous n’en faisons donc aucune promotion sur cette page.

Une mise au point, tout de suite

Kognita est un test court en ligne pour adultes. Il compare un résultat à une distribution de référence unique, qui n’est pas séparée par âge. Et c’est précisément là qu’est le problème chez les enfants: le nombre d’exercices qu’un enfant résout dépend fortement de son âge. Un instrument destiné aux enfants a donc besoin de valeurs de comparaison séparées par âge, souvent par tranches de quelques mois.

Un résultat issu de notre test ne serait pas, chez un enfant, un peu trop bas ou un peu trop haut. Ce serait une valeur sans grandeur de référence, et donc sans signification. Nous l’écrivons ici bien que cette page ne nous rapporte ainsi aucune passation, et nous n’avons volontairement placé sur cette page aucun renvoi vers notre test.

Si vous vous posez des questions sur le développement de votre enfant, le Service psychologique scolaire de votre canton est l’interlocuteur qu’il faut.

Le Service psychologique scolaire: compétent et gratuit

Chaque canton dispose d’un service de psychologie scolaire, organisé tantôt au niveau cantonal, tantôt au niveau régional. Pour les élèves, l’évaluation est gratuite. Le mandat est orienté vers les questions scolaires: où en sont les conditions d’apprentissage, qu’en découle-t-il pour l’entrée à l’école, pour l’orientation ou pour le soutien.

Le nom exact du service change d’un canton romand à l’autre, et la manière d’y accéder aussi. Dans certains cantons, c’est l’école qui annonce l’enfant, dans d’autres les parents peuvent s’adresser directement au service. Un appel au service de votre canton, ou au secrétariat de l’établissement, règle la question en quelques minutes. Ce coup de téléphone est l’étape la moins chère qui existe dans cette affaire, et c’est celle par laquelle il faut commencer.

Le déroulement comprend en règle générale un entretien avec les parents, une ou plusieurs séances avec l’enfant, un instrument standardisé, la participation de l’école et, à la fin, un rapport accompagné d’un entretien de restitution. Une évaluation n’est donc pas un test de vingt minutes, c’est un processus réparti sur plusieurs rendez-vous.

Le cabinet privé: quand il entre en ligne de compte

Il y a de bonnes raisons d’emprunter la voie privée. Le délai d’attente au service cantonal peut être long. Certains parents veulent une appréciation qui ne soit pas rattachée à l’école. Certaines questions sortent du mandat scolaire. Et parfois, il s’agit d’un deuxième avis sur un rapport existant.

Sur les coûts, nous ne donnons volontairement aucune fourchette. Les chiffres qui circulent à ce sujet proviennent de sources secondaires sans fondement vérifiable, et nous n’écrivons pas un chiffre sans source. Ce qui se fait à la place: demander un devis écrit avant le premier rendez-vous et y vérifier quels instruments sont compris, combien de séances sont comptées, et si le rapport écrit et l’entretien de restitution sont dans le prix. Ces trois points expliquent les plus grandes différences entre deux offres.

Demandez en outre si une participation aux frais est possible. Selon la question posée et selon le canton, des voies existent, et la seule manière de le savoir est de poser la question.

Les deux voies en comparaison

Service psychologique scolaire Cabinet privé
Coût gratuit pour les élèves selon la charge, demander un devis
Accès par l’école ou directement, selon le canton inscription directe
Mandat questions liées à l’école librement convenu
Lien avec l’école étroit, le rapport est le plus souvent discuté avec l’école uniquement avec votre accord
Délai d’attente variable, à demander au préalable variable, à demander au préalable
Qui fait passer le test personne titulaire d’un titre reconnu en psychologie personne titulaire d’un titre reconnu en psychologie

La dernière ligne est identique dans les deux colonnes, et c’est bien le point: l’exigence professionnelle est la même. La différence tient à l’accès, au mandat et au coût, pas à la qualification.

Qui a le droit de faire passer un instrument

En Suisse, les tests d’intelligence ne peuvent être menés que par des personnes titulaires d’un titre reconnu en psychologie. Le titre professionnel lui-même est protégé par la loi sur les professions de la psychologie, et son usage abusif est punissable. Qui vous propose donc un test pour votre enfant sans avoir cette formation ne vous propose pas un instrument, mais un produit.

Trois questions à poser avant de fixer un rendez-vous: quelle formation et quel titre a la personne ; quel instrument sera utilisé et dans quelle version de normalisation ; que contient le rapport écrit. Une personne spécialisée répond à ces trois questions sans hésiter.

Pour nous, la même règle s’applique en sens inverse. Kognita est une rédaction spécialisée. La rédaction ne mène aucune évaluation, ne délivre aucune attestation, et rien de ce qui vient de nous ne peut être déposé quelque part.

Pourquoi les instruments pour enfants sont normés par âge

Un enfant de sept ans et un enfant de dix ans résolvent un nombre différent d’exercices, et pour une raison qui n’a rien à voir avec la capacité comparée à celle des enfants du même âge: l’un a trois ans de plus. Un nombre de points bruts dit donc encore moins de choses chez un enfant que chez un adulte.

La normalisation par âge résout cela en comparant un enfant uniquement à des enfants de la même tranche d’âge, souvent par pas de quelques mois. C’est pour cela que la date de naissance exacte figure au procès-verbal, c’est pour cela que la date du test compte, et c’est pour cela que l’on demande dans quelle version de normalisation un instrument est utilisé.

Cela explique du même coup pourquoi un test pour adultes ne vaut rien ici. Il a un seul groupe de référence pour une large tranche d’âge. Placez un enfant devant, et sa performance est mesurée contre le mauvais groupe. Le résultat ne serait pas imprécis, il serait dépourvu de sens, et il aurait malgré tout l’air d’un chiffre qui dit quelque chose. Le dommage est exactement là.

L’écart documenté: 6.5 pour cent contre 0.6 pour cent

La HfH cite deux chiffres qui ne deviennent intéressants que côte à côte. Environ 6.5 pour cent des enfants profitent d’un encouragement des talents. Mais les écoles ne connaissent qu’environ 0.6 pour cent d’enfants pour lesquels un haut potentiel intellectuel est établi. C’est un rapport d’environ onze à un.

Ces chiffres demandent une lecture précise. Ils ne disent pas qu’il y aurait onze fois plus d’enfants à haut potentiel qu’on ne le pense. Ils disent que le groupe qui profite d’un soutien est nettement plus grand que le groupe ayant une évaluation achevée. Besoin de soutien et statut établi sont deux choses différentes, et l’écart entre les deux est avant tout un écart dans la procédure, pas dans les enfants.

On voit parfois circuler un ordre de grandeur en chiffres absolus, et il vaut la peine de dire comment il naît. Un QI de 130 et plus concerne environ deux pour cent des personnes. Rapporté aux quelque 950‘000 élèves de Suisse, cela donnerait environ 19‘000 enfants. Ce calcul est une déduction, pas un relevé: personne n’a compté ces enfants, et selon l’effectif retenu et le seuil appliqué, une autre source avance 30‘000. Les deux chiffres décrivent une arithmétique, pas une population recensée, et il faut les lire ainsi.

Pour les parents, deux points pratiques en découlent. Premièrement: toute question n’appelle pas une évaluation. Beaucoup de choses se clarifient d’abord dans un entretien avec l’enseignante et la direction de l’établissement. Deuxièmement: renseignez-vous tôt sur les mesures de soutien qui existent dans votre canton et sur ce qu’elles supposent. Une valeur établie n’est pas partout le billet d’entrée, et là où elle ne l’est pas, la question fait gagner beaucoup de chemin.

Quand une évaluation n’est pas la première étape

Toute question n’appelle pas un instrument de test, et une évaluation n’est pas un acte neutre: elle coûte du temps, elle occupe un rendez-vous au service cantonal, et elle transforme une observation ouverte en dossier. C’est souvent juste, et parfois prématuré.

C’est prématuré la plupart du temps lorsque l’observation n’est pas encore décrite. Un enfant qui s’ennuie s’ennuie peut-être dans une branche, peut-être dans une forme de travail, peut-être depuis trois semaines et peut-être depuis deux ans. La première étape est donc un entretien avec l’enseignante, au cours duquel on précise quand, où et à quelle fréquence quelque chose se produit.

Il en va de même dans l’autre sens. Qui a l’impression qu’un enfant ne suit pas malgré ses efforts avance souvent mieux si l’on clarifie d’abord s’il s’agit d’une seule branche, du rythme, de la formulation des consignes ou de la situation des devoirs à la maison.

Le Service psychologique scolaire conseille aussi dans cette phase, sans qu’un instrument se trouve forcément au bout. Un premier entretien n’est pas une demande de test.

Les bilans scolaires standardisés sont autre chose

Au secondaire I, les parents rencontrent un autre terme de test, et la confusion est fréquente. Stellwerk, publié par le Lehrmittelverlag St. Gallen, coûte CHF 10.00 par élève et mesure des compétences scolaires selon le Lehrplan 21, pas l’intelligence. Le système est multidimensionnel et adaptatif et rend les valeurs sur une échelle de 200 à 800 points.

Pour la Suisse romande, une précision s’impose, parce qu’elle évite une recherche inutile: la liste officielle compte dix cantons, tous alémaniques, et aucun canton romand n’utilise Stellwerk. Il n’existe pas non plus, en Suisse romande, d’équivalent cantonal remplissant la même fonction que nous puissions documenter ; les cantons romands travaillent avec leurs propres règlements de promotion et avec les épreuves cantonales. Le sujet revient néanmoins ici lors d’un déménagement outre-Sarine ou d’une candidature bilingue.

La différence est de principe. Un bilan scolaire demande où un enfant se situe dans la matière, et le résultat change avec l’enseignement. Un instrument d’intelligence porte sur la reconnaissance et l’application de règles dans un matériel nouveau, indépendamment de la matière. Une valeur basse en mathématiques à Stellwerk ne dit donc rien sur les capacités cognitives, et une valeur haute n’en dit rien non plus.

En pratique: les résultats de l’école et un éventuel rapport issu d’une évaluation répondent à des questions différentes. Les deux ont leur place dans la discussion, mais aucun ne remplace l’autre.

Ce qu’une valeur dit chez un enfant

Même une valeur relevée avec soin est une estimation assortie d’une erreur de mesure, et elle décrit une performance un jour donné. La forme du jour, la fatigue, la nervosité et la relation avec la personne qui fait passer le test déplacent le résultat. Un bon rapport indique donc un intervalle de confiance et pas seulement un chiffre. Si un rapport contient un chiffre unique sans fourchette, c’est une bonne raison de poser la question lors de l’entretien de restitution.

Pour situer la valeur, c’est la classification de la SPILK de 2023 qui fait référence en Suisse. Elle désigne expressément la zone de 85 à 114 comme variante normale, donc comme le cas ordinaire, et la zone dès 130 comme intelligence très haute, respectivement haut potentiel intellectuel. Ce que signifient les différentes indications et pourquoi le rang centile dit plus que la valeur elle-même, cela figure en détail dans notre article sur l’échelle de QI et sa classification.

Ce qu’une valeur n’est pas compte tout autant. Ce n’est pas une affirmation sur le caractère d’un enfant, pas une prédiction sur son parcours et pas un classement à l’intérieur de la classe. C’est une indication de position dans une distribution, relevée un après-midi.

Avant le rendez-vous

  • Ecrire la question. Que voulez-vous savoir exactement. Une question précise mène à un rapport plus utilisable que le souhait d’obtenir un chiffre.
  • Associer l’école. Les observations de l’enseignante, les bulletins et les travaux de l’enfant sont souvent plus parlants, pour situer la chose, que le résultat de test seul.
  • Ne pas s’entraîner. Une préparation avec des exercices modifie le résultat et le rend moins utilisable.
  • Informer l’enfant. Il doit savoir que ce n’est pas un examen, qu’on ne peut pas échouer et que rien ne dépend du nombre d’exercices résolus.
  • Poser la question du rapport. Clarifiez au préalable si un rapport écrit et un entretien de restitution sont compris.

Adolescentes, adolescents et Mensa Suisse

Pour les jeunes plus âgés, une autre voie entre en ligne de compte. Mensa Suisse fait passer un test d’admission non verbal dès 15 ans pour CHF 80, réduit à CHF 40 pour les personnes en études ou à l’école, ainsi qu’un test multidimensionnel avec partie verbale en allemand dès 14 ans pour CHF 100, réduit à CHF 50. Un résultat déjà existant issu d’un instrument reconnu peut être déposé comme Prior Evidence, gratuitement pour les moins de 18 ans. Mensa Suisse n’accepte pas les tests en ligne non surveillés.

Pour une famille romande, deux détails décident: la partie verbale du test multidimensionnel est en allemand, et les dates de test ont actuellement lieu uniquement à Zoug. Concrètement, c’est le test non verbal qui entre en ligne de compte pour une ou un jeune francophone.

Pour les enfants plus jeunes, cette voie n’existe pas, et de toute manière elle ne remplace aucune évaluation: un test d’admission répond seulement à la question de savoir si un résultat dépasse un seuil. Sur les questions scolaires, il ne dit rien.

Si vous ne retenez qu’un point de cette lecture, que ce soit celui-ci: appelez le Service psychologique scolaire de votre canton avant de payer quoi que ce soit ailleurs. L’offre existe, elle est gratuite pour les élèves, et elle répond exactement aux questions par lesquelles la plupart des parents commencent à chercher.

Questions fréquentes

Combien coûte un test de QI pour un enfant en Suisse ?

Pour les élèves, le Service psychologique scolaire du canton mène le bilan gratuitement. C’est la voie ordinaire, et la plupart des parents l’ignorent. Pour un cabinet privé, nous ne donnons volontairement aucune fourchette de prix, parce que nous n’avons à ce sujet aucune source suisse solide. Demandez avant le premier rendez-vous un devis écrit indiquant quels instruments sont compris et si le rapport et l’entretien de restitution en font partie.

Puis-je faire passer le test de Kognita à mon enfant ?

Non. Notre test est construit pour des adultes et ne dispose d’aucune valeur de comparaison séparée par âge. Chez les enfants, le résultat dépend fortement de l’âge, il faut donc un instrument normé par âge. Une valeur issue de notre test ne serait pas simplement imprécise chez un enfant, elle serait sans signification. C’est pour la même raison que nous ne faisons aucune promotion de notre test sur cette page.

Qui a le droit de faire passer un test de QI à un enfant ?

Uniquement des personnes titulaires d’un titre reconnu en psychologie. Le titre professionnel est protégé en Suisse par la loi sur les professions de la psychologie, et son usage abusif est punissable. En pratique, la voie passe par le Service psychologique scolaire du canton ou par un cabinet, en règle générale avec le titre FSP.

A partir de quel âge un tel instrument est-il possible chez un enfant ?

Il existe des instruments pour différentes tranches d’âge, de l’âge préscolaire à l’adolescence. Lequel convient, c’est la personne spécialisée qui en décide, selon l’âge et selon la question concrète. Ce qui compte, c’est qu’un instrument disposant de valeurs de comparaison actuelles et séparées par âge soit utilisé. Demandez donc quel instrument est employé et dans quelle version de normalisation.

Comment préparer mon enfant au rendez-vous ?

Pas avec des exercices d’entraînement. S’entraîner avant modifie le résultat sans que rien ne change à la chose mesurée, et le rend donc moins utilisable. L’utile est l’inverse: arriver reposé, faire le trajet sans hâte, et dire à l’enfant avant que ce n’est pas un examen, qu’on ne peut rien apprendre pour ça et que rien ne dépend du nombre de réponses.

Que signifie le fait que seuls 0.6 pour cent des enfants soient connus des écoles ?

La HfH cite deux chiffres côte à côte: environ 6.5 pour cent des enfants profitent d’un encouragement des talents, mais seuls environ 0.6 pour cent sont connus des écoles pour un haut potentiel intellectuel établi. C’est un rapport d’environ onze à un. Cela ne signifie pas qu’il y aurait onze fois plus d’enfants à haut potentiel. Cela signifie que le groupe ayant besoin d’un soutien est nettement plus grand que le groupe ayant une évaluation achevée.

Comment cela se poursuit-il après un bilan ?

En règle générale par un rapport écrit et un entretien, au cours duquel la personne spécialisée situe le résultat et discute des étapes possibles. Ce qui en découle est discuté avec l’école et varie d’un canton à l’autre. Demandez tôt à l’école quelles mesures de soutien existent et ce qu’elles supposent. La réponse à cette question est souvent plus importante que le chiffre du rapport.